Architecte de formation, Emira Zaag dirige une holding d’architecture. Le partage et la transmission figurent parmi ses valeurs fondamentales.
Jeune, elle souhaitait exercer un métier à la fois utile et porteur de sens. Comme elle aimait dessiner, sa grande sœur lui conseille alors le métier d’architecte qui remplit ses critères. Pourtant, Emira rêvait de devenir médecin, mais sa phobie du sang rendait cette voie impossible. Elle a finalement réussi à réunir ces deux univers en devenant, selon ses mots, « médecin du bâtiment ». Un choix inspiré, au regard de son parcours exemplaire.
Une carrière riche de sens et de diversité
Diplômée de l’École d’architecture de Paris-La Villette, elle débute comme conductrice de travaux chez GTM, spécialisé dans la réhabilitation sociale de logements en milieu occupé. Ces années d’expérience lui permettent d’acquérir une expertise précieuse dans la mise en œuvre de projets de rénovation globale en site habité. « Je pouvais mettre mes compétences acquises dans le logement social au profit des copropriétés car j’ai appris le langage et les difficultés des entreprises sur les chantiers. Cet autre côté du miroir qu’est la conduite de travaux m’a permis de mieux appréhender mon métier d’architecte », explique-t-elle. En 2010, forte de ces expériences, elle créé une agence dédiée à la rénovation globale ZA Consulting, pour travailler dit-elle « à ma manière ». En tant que femme et issue des minorités, se faire une place dans ce milieu du bâtiment n’a pas été chose facile Mais cette jeune femme déterminée ne laisse aucune place à l’échec, malgré le scepticisme rencontré au lancement de son projet. Elle commence par des missions en sous-traitance, poursuit en co-traitance, puis répond à ses propres appels d’offres.
Ecouter, préconiser, transmettre
« Ce sont les habitants qui connaissent le mieux leur immeuble. Je les écoute, je leur pose des questions et j’apporte ensuite, grâce à ma technicité, les réponses adaptées à leurs besoins et à leur résidence. Ce sont eux qui vivent dans l’immeuble, qui le ressentent. Ils savent s’il fait froid ou trop chaud, si la ventilation fonctionne ou pas, si les poubelles dégagent une mauvaise odeur ou s’il l’on peut créer un espace de convivialité au travers de jardins partagés… Il est essentiel pour moi d’être à leur écoute afin de comprendre leurs attentes, leurs envies et de redonner du sens au collectif. Exactement comme un médecin qui écoute son patient avant d’établir un diagnostic », compare avec amusement Emira Zaag. Formatrice Dynamo Copro, elle est également cofondatrice avec l’UNSFA et l’UNIS du collectif de la rénovation globale. « Nous accompagnons les copropriétés du DTG à la livraison et en maîtrise d’œuvre et je forme syndics et maîtres d’œuvre à la rénovation globale en copropriété. Je suis dans le partage, j’aime l’intelligence collective ». C’est dans cet esprit qu’elle s’associe avec Yoann Lopes Pereira, un jeune architecte talentueux. Ensemble, ils créent la holding d’architecture Reactens, pour réhabilitation avec du sens ! « Nous rachetons des cabinets d’architecture dont les dirigeants arrivent en fin de carrière car il est souvent difficile de trouver un repreneur dans nos métiers. Ainsi, nous valorisons le savoir-faire du fondateur, qui peut choisir soit de rester, soit de partir. Nous gardons l’équipe pour assurer la continuité et la transmission », rassure Emira Zaag. Aujourd’hui la Holding compte déjà 5 cabinets dont ZA Consulting, soit 5 équipes et 24 personnalités. « Nous avons un groupe composé de trois générations ce qui fait notre richesse », ajoute Emira Zaag.
Envie d’être utile
Et comme Emira ne s’arrête jamais, elle participe en 2014 à la création de l’association Rév’Elles afin de soutenir les jeunes filles issues de milieux modestes. Présente à Paris et Lyon, l’association les accompagne dans la construction de leur projet professionnel. « Parce que l’égalité des chances passe par l’égalité des rêves, nous leur apprenons à rêver grand et à se mettre en action », témoigne Emira. Aujourd’hui, plus de 10 000 jeunes filles sont passées par l’association. Et puis, Emira a participé aux Grands Prix 2025 et a remporté celui de la catégorie « coup de cœur ». Encouragée par ceux qui la connaissent, elle a décidé de déposer sa candidature afin de rendre visible son métier et de mettre en lumière la rénovation énergétique portée par une femme. Une mission pleinement accomplie. Bravo.





