Une copropriété montpellieraine a choisi de rénover intégralement son bâtiment. Focus sur le poste ventilation.
Copropriété des années 50, la résidence L’Esplanade située boulevard Charles Warnery à Montpellier (Hérault) comprend un bâtiment de 192 logements répartis en 12 entrées sur 7 étages, 50 garages, une pharmacie, un restaurant et un grand jardin. Depuis plusieurs années, les copropriétaires envisageaient un simple ravalement de façade. Après avoir étudié les aides existantes, ils se sont rapidement orientés vers une rénovation énergétique globale. Pour les accompagner, ils ont fait appel à Urbanis, partenaire historique de l’Agence Nationale de l’Habitat et agréé Mon Accompagnateur Rénov’ depuis janvier 2023. Isoedre a accompagné Urbanis pour donner une vision claire et exhaustive des différents temps de retour sur investissement et reste à charge en agissant sur différents points à savoir la modélisation énergétique de la résidence pour l’état Initial et pour les différents scénarios et donc le calcul des consommations associées, l’estimatif précis du montant des travaux associés, l’élaboration d’un cahier de charge des travaux et enfin la sollicitation et la sélection des entreprises pour la réalisation des travaux.
Un président très investi
Le président du conseil syndical, Éric Bardoul s’est personnellement impliqué dans le suivi de chaque étape de la rénovation aux côtés des membres de son conseil. Il se souvient : « Plus on avançait dans les scénarios, plus on était convaincus qu’il fallait se tourner vers une rénovation énergétique globale, qui nous permettait d’avoir un reste à charge moins important que dans le cas d’un ravalement simple ». Nous avons été bien conseillés par Urbanis qui nous a permis d’obtenir 1 600 000 € d’aides. Deux assemblées générales se sont tenues dans la même année, la première pour se positionner sur le scénario et la seconde pour choisir les entreprises. Les principaux travaux réalisés se sont portés sur le ravalement avec une isolation thermique par l’extérieur (ITE) de la façade, l’étanchéité des balcons et leur habillage, la rénovation de la cage d’escalier, le changement des boîtes aux lettres, le remplacement de la porte d’entrée et le passage d’une ventilation à tirage naturel à une ventilation mécanique contrôlée ».
Bien ventiler, une obligation avec une ITE
Le passage d’une ventilation naturelle à une VMC, était indispensable. En effet, l’ITE, renforce l’étanchéité de l’enveloppe du bâtiment, ce qui peut entraîner des problèmes d’humidité si l’air ne circule pas correctement. « Le dossier de prescription nous a été déposé en 2022 et avec la configuration de la copropriété, nous avons proposé notre système Ventileco gaz, destiné aux bâtiments collectifs d’habitation construits avant 1982 et équipés d’appareil à gaz à tirage naturel et de conduits de fumée et de ventilation naturelle. La VMC hybride présente l’avantage d’être silencieuse, de réaliser des économies d’énergie, car le moteur ne tourne que lorsque c’est nécessaire avec des plages horaires programmées en fonction des températures extérieures, assure une ventilation minimale, mais suffisante et est souvent moins sollicitée qu’une VMC simple flux classique », explique Laurent Bernard, chargé de prescription secteur méditerranée chez VTI. Christophe Barbosa, ingénieur énergéticien chez Isoedre précise : « la VMC permet d’aérer de manière continue selon les débits réglementaires des logements. En hiver, cette ventilation permet d’éviter d’ouvrir les fenêtres pour aérer dans les appartements, ce qui réduit à néant les économies d’énergie générées par les travaux, car c’est autant d’air à température extérieure inutile qu’il faut réchauffer. La tourelle installée en toiture se met en fonctionnement via des capteurs quand la ventilation naturelle n’est pas suffisante (tirage thermique insuffisant). La VMC assure des débits d’air réglementaires automatiquement. Et le fait que la VMC soit hygroréglable, signifie que la membrane ne s’ouvre que si l’atmosphère est humide et nécessite une ventilation. Cet aspect garanti qu’aucun air extérieur (à réchauffer) inutile à assurer les débits sanitaires n’entre dans les logements. L’été, nous conseillons aux utilisateurs d’ouvrir les fenêtres la nuit pour faire entrer de l’air frais dans les logements et l’encapsuler grâce à l’ITE. Au contraire, Ne pas le faire avec une ITE ferait augmenter progressivement et continuellement la température. La chaleur serait ensuite encapsulée dans le logement. Pour les logements dont certaines pièces humides n’avaient pas de conduits verticaux, nous avons trouvé la solution en passant des conduits reliant la cuisine à la salle de bains et les WC par l’extérieur et en les cachant dans l’ITE. De cette manière, les embellissements intérieurs n’ont pas été touchés et les travaux en milieux occupés ont été optimisés».
Une rénovation bénéfique à tous niveaux
Éric Bardoul conclut : « Le déroulement des travaux n’a posé aucun problème, car il y avait une très bonne entente entre les différentes entreprises. Par contre, notre syndic a mis la clef sous la porte sans avoir déposé toutes les demandes de crédit. Il a fallu faire vite et demander deux crédits collectifs, un à l’Arec (Agence Régionale Énergie & Climat) d’Occitanie qui est un tiers financeur et un autre auprès de Domofinance. Les entreprises pour qui ce chantier d’envergure était une première ont été très patientes et nous les en remercions. Le chantier a débuté en 2023 et nous n’avons touché les aides que maintenant fin 2025. L’ensemble des résidents est satisfait avec un gain en dépenses de chauffage, un gain de confort avec moins d’humidité et moins de sensation de froid en pignon et en façade nord. Personnellement, ma facture d’électricité a largement baissé, j’ai consommé 1 000 kWh de moins. Même en été, la température des appartements est plus homogène et plus supportable. 5 à 6 ° de différence entre l’intérieur et l’extérieur, c’est appréciable. Et enfin, la valeur patrimoniale de nos biens est supérieure. Un appartement de 70 m2 F4 a été vendu 250 000 € sans avoir été rénové à l’intérieur. Il a pris environ 20 000 € ».
Nathalie Vaultrin









