Vous en aurez à minima pour 18 mois de travail préparatoire.
Partons du principe que les copropriétaires sont vraiment motivés. Car il est une règle intangible : si cela ne vient pas d’eux, ne vous acharnez pas. Comme dit le proverbe, on peut amener un cheval à l’abreuvoir, mais on ne peut pas le forcer à boire.
1/ Commencez par monter une ÉQUIPE SOLIDE autour de vous
La base. Un mauvais casting ruinera tous vos efforts et transformera votre projet en naufrage. Vous coulerez avec le navire. Sachez donc bien vous entourer, il en va de votre responsabilité.
2/ Choisissez d’abord un bon MAÎTRE D’ŒUVRE
Autrement dit l’Architecte du projet. Votre bras droit, rodé aux travaux d’envergure en milieu habité et hostile. Vous êtes le réalisateur du film, lui écrit le scénario. Il a une vision, un discours, il capte les contours sournois de la vie en copropriété.
3/ Sélectionnez un bon AMO
L’Assistant à Maîtrise d’Ouvrage est censé vous accompagner dans la nébuleuse des subventions publiques et son guide simplifié de 72 pages. MaPrimeRenov est une quête, un pèlerinage. Attention, il est possible que vous bossiez autant que lui, voire plus. Les relances au questionnaire individuel de l’enquête sociale, c’est carrément du phoning.
4/ Trouvez une BANQUE pour le prêt collectif
Ici, vous n’aurez guère l’embarras du choix, puisqu’il n’y en a qu’une seule. Les autres se sont faufilées dans la broussaille en faisant mine de s’y intéresser. Préparez-vous à un chemin de croix administratif où les sables mouvants de la bureaucratie se dérobent sous vos pieds. Soyez fort. À cœur vaillant, rien d’impossible.
5/ Mandatez un bon AVOCAT pour vous préparer les actes de surplomb lorsque vous déborderez de 15 cm chez le voisin avec votre ITE. Coucou c’est moi, je m’installe chez toi, et tu n’as rien à dire. Le formalisme est implacable, ne griffonner pas cela sur un coin de table avec le syndic d’à côté comme au bon vieux temps.
6/ Associez le CONSEIL SYNDICAL
Mettez-le en copie de vos mails, ce sera largement plus rentable que du reporting à gogo. Faire et faire-savoir, l’art politique du syndic. Ce n’est pas du fayotage, c’est de la stratégie. À l’AG l’idée n’émanera pas de vous, mais d’eux. Vous devez faire bloc. Sachez qu’un seul adversaire peut militer jusqu’à la mort pour faire capoter le projet.
7/ Organisez un GRAND MEETING D’INFORMATION
Lorsque vous aurez rassemblé la totalité des pièces. Dans ce galop d’essai préalable à l’AG fatidique, laissez les spécialistes dérouler leur partition tour à tour. Soyez le métronome, gérez les temps de parole, jaugez la tendance, apaisez les inquiétudes, liquidez les questions qui fâchent. De ce brouhaha ambiant, dégagez un seul scénario et partez là-dessus.
8/ Armez-vous de PATIENCE
Relancez sans cesse. Notez tout. Ne lâchez rien.
9/ Soignez la rédaction de vos RÉSOLUTIONS d’AG
La résolution unique pour le projet d’ensemble est validée par la jurisprudence. Que celle-ci soit la plus claire possible. Relisez-vous 100 fois et mettez-vous à la place du votant. La question se réduit à un choix binaire : oui ou non ?
10/ Le jour de l’AG soyez incollable, concis et limpide
Vous ferez un SPEECH mémorable où tous les mots que vous prononcerez sonneront comme une évidence. Et n’oubliez surtout pas la simulation des quotes-parts, car en réalité, la seule chose qu’ils veulent savoir à la fin, c’est : COMBIEN ÇA VA ME COÛTER ?
Sachez que, pour ces dizaines d’heures de travail préparatoire, le syndic ne sera pas rémunéré, par la faute d’un contrat type décrété par les pouvoirs publics qui n’a pas évolué depuis 10 ans. Nous devons réparer cette injustice.




