Comme chaque année, RGA Prod ouvre les pages de son site Internet pour recueillir toutes vos petites histoires croustillantes. Cette année ce sont 29 histoires qui ont été postées dans les trois catégories : exécution des travaux, administration et gestion et relations de voisinage.

Le 1er prix Gold a été décerné à Sofien Ben Ayed pour l’histoire du veilleur.
Le 2e prix silver revient à Elvira Moussart pour son histoire : l’affaire du pot de Basilic.
Le 3e prix bronze a été remis à Ghizlane Adarrab pour son histoire : le bon voisin.
Le jury a décidé de décerner un prix spécial à l’unanimité à l’histoire d’Antony Mauriange : Le contorsionniste un brin de mauvaise foi.
Le veilleur
Je ne l’avais jamais rencontré. C’était mon voisin d’en face, un étage au-dessus du mien. Mais quelque part, je le connaissais. Il était mon horloge. Pendant six mois, chaque soir à 21 h précises, sa lumière faisait flash. Un seul. Un soir, 21 h rien. Le silence dans sa fenêtre, après tant de constance, était dérangeant… Après quelques minutes d’attente et d’hésitation, j’ai traversé la cour, monté les escaliers de son immeuble et j’ai toqué. Le vieil homme m’a ouvert.
« Excusez-moi », ai-je bafouillé. « Je voulais juste m’assurer que tout allait bien. La lumière… »
Un léger sourire a éclairé son visage.
« L’ampoule a grillé ».
Soulagé, je m’apprêtais à repartir, mais j’ai quand même osé.
« Mais… pourquoi vous faites ça tous les soirs ? ».
Il a tourné la tête et a pointé son menton vers une fenêtre de mon propre immeuble. « C’est pour l’homme du quatrième. Il est alité. Il ne quitte plus sa chambre ».
Un silence.
« C’est juste pour qu’une fois par jour, il sache que quelqu’un pense à lui ».
Ce soir-là, j’ai compris. Les conversations les plus importantes de notre copropriété se tenaient dans le plus grand des silences…
Le bon voisin
Locataire en copropriété, je croisais de temps en temps l’un de mes voisins. À chaque fois, je le voyais, le même grand sourire, me tenir la porte ; j’écoutais son « bonjour » enthousiaste. Au fil du temps, nous échangions quelques banalités :
« Il ne fait pas trop froid chez toi ? »,
« Ça va, pas trop dure, la journée ? ».
Peu à peu, je sentais son regard changer, devenir un peu charmeur ; je percevais chez lui une petite envie de faire plus ample connaissance, si vous voyez ce que je veux dire… De mon côté, je tenais à ce que la relation avec celui qu’on appellera Mr V. reste strictement voisine. Je craignais de le croiser tant cela devenait gênant. J’en étais même arrivée à regarder à travers le judas avant de sortir, pour être certaine de pouvoir me faufiler vers l’extérieur comme une petite souris.
Un beau jour, il était venu pour moi le temps de déménager. Je commençais à faire le tri : quoi garder, quoi vendre. Hop, le matelas : à vendre ! Je poste une annonce sur Leboncoin et j’affiche, dans l’immeuble, une photo de l’annonce avec mon nom et mon étage. Quelques jours plus tard, je reçois un message sur Leboncoin : une personne est intéressée. Après quelques précisions, l’acheteur décide de passer récupérer le matelas. La veille du rendez-vous, je lui transmets mon numéro de téléphone pour qu’il m’appelle à son arrivée.
À 11 h, pas d’appel… mais on sonne à la porte. C’est Mr V…
« Salut, ça va ? Tout va bien ? », lui ai-je demandé,
« Hello, ça va et toi ? Oui, tout va bien, je viens chercher le matelas ! »
« Pardon ? Je… je ne comprends pas. Leboncoin, c’est toi ? »
« Oui, oui, c’est moi. Il était temps que je change de matelas, j’ai vu ton annonce ! »
J’essaie de rester impassible et de conclure rapidement, même s’il cherche la conversation.
Deux jours plus tard, en sortant, avec étonnement, je retrouve mon matelas posé contre le mur… C’est le jour des encombrants. Ce même jour, je reçois un message de Mr V.. :
« Hey merci encore ! C’est top, on a pu échanger nos numéros de téléphone. PS : Je voulais juste te dire que je te trouve très jolie… ».
L’affaire du pot de basilic
Dans notre copropriété, tout allait plutôt bien… jusqu’à ce fameux pot de basilic.
Un matin, une résidente du 2e étage découvre qu’un pot de basilic trône sur le rebord de la fenêtre de la cage d’escalier, « juste à côté de la sienne ». Le mystère commence : à qui appartient-il ? Pourquoi là ? Et surtout, qui arrose cette plante si verdoyante alors que les nôtres meurent toutes au bout d’une semaine ? Un message est aussitôt glissé sur le tableau d’affichage :
« Merci de retirer votre pot de basilic du rebord commun. Ce n’est pas un jardin partagé ici ».
Le lendemain, une réponse apparaît :
« Le basilic contribue à l’ambiance méditerranéenne des parties communes. Merci de votre compréhension ».
S’ensuit une véritable guerre verte : le pot change d’étage chaque jour, d’autres plantes apparaissent (menthe, lavande, un cactus rebelle), et un voisin installe même une pancarte « Espace vert de la copropriété — arrosage collectif le dimanche ».
Lors de la prochaine assemblée, le syndic, un peu dépassé, a dû inscrire à l’ordre du jour un nouveau point :
« Vote sur la présence éventuelle de plantes aromatiques dans les parties communes ».
Résultat : 9 voix pour, 7 contre, 2 abstentions.
Et depuis, chaque printemps, la cage d’escalier embaume joyeusement le basilic.
Le contorsionniste un brin de mauvaise foi
La copropriété en question a un parvis couvert qui donne sur la rue. Problème : le rebord d’une fenêtre basse près de la porte d’entrée est devenu un véritable banc public, avec en bonus le dépôt régulier de déchets à cet endroit. Exaspérés, les copropriétaires m’ont demandé en ma qualité de gestionnaire de la copropriété de faire installer un système empêchant de s’asseoir. S’agissant d’un immeuble neuf, on a opté pour quelque chose de discret : deux barreaux horizontaux posés par un serrurier dans le cadre de la fenêtre, à fleur de façade. Sobre, élégant, dissuasif. Du moins, c’est ce qu’on croyait !
Deux jours après la pose, surprise dans ma boîte mail : un membre du conseil syndical m’envoie trois photos de lui en pleine séance de contorsion, dans des positions improbables et assurément inconfortables, démontrant selon lui que l’on peut quand même s’asseoir. On le voit notamment assis en suspension sur le premier barreau, les bras enlacés autour du second. Une position qui ferait pâlir d’envie un maître yogi !
Évidemment, je n’ai pas résisté à l’envie de transmettre cette pépite au serrurier, lequel a remercié ironiquement par mail le copropriétaire pour « ces excellentes mises en situation très explicites ».
Malgré tout, mission accomplie : on a décidé de laisser l’installation en place et de voir à l’usage si quelqu’un allait réellement avoir l’audace de s’asseoir. Verdict plusieurs mois plus tard : zéro squat, zéro déchet et zéro yogi en mal de sensations !
Pour égayer votre journée avec un brin d’humour, retrouvez toutes ces histoires et bien d’autres sur le site : https://coproprietes-histoires-inedites.fr/toutes-histoires
Et si le cœur vous en dit, n’hésitez pas vous-mêmes à poster votre histoire inédite sur le site, vous ferez peut-être partie des lauréats de l’édition prochaine.
Édition 2026

Pour être éligibles au concours 2026 saison 5, les histoires doivent être soumises au plus tard dernière semaine d’Octobre 2026, de manière à être publiées sur la plateforme digitale collaborative et participative coproprietes-histoires-inedites.fr avant le 31/10/26 minuit.
On peut d’ores et déjà noter les partenaires 2026 :
Partenariat Classe 1
– CS Partenaire pour la dotation de 1 400 € adossée au trophée GOLD
– Entreprise Roche pour la dotation de 1 100 € adossée au trophée SILVER
– Entreprise Henri Germain pour la dotation de 800 € adossée au trophée BRONZE
Partenariat Classe 2
– La Copro Des Possibles
– ACM Menuiserie
– Copro Plus
– Fichter Electricité






